4ème Apér-EAU scientifique, 24 février 2020, 19h : « La pénurie d’eau parle-t-elle d’elle même ? » par Sara Fernandez

4ème Apér-EAU scientifique, 24 février 2020, 19h : « La pénurie d’eau parle-t-elle d’elle même ? » par Sara Fernandez

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L’association Rés-EAUx a le plaisir de vous convier à son 4e Apér-EAU scientifique de la saison 2019 -2020 le lundi 24 février 2020 à 19h sur la péniche Antipode. Nous aurons le plaisir d’accueillir Sara Fernandez, ingénieure-chercheuse à l’INRAE et à l’UMR Geste de Strasbourg.

Résumé de l’intervention :

Sécheresses, étiages, aridité sont des concepts qui ont été travaillés et formalisés par l’hydrologie, l’agronomie ou la climatologie à différentes échelles. Ils ont aussi été intégrés dans des catégories de l’action publique et, en particulier, dans des indicateurs. Nous proposons de revenir sur les relations entre construction cognitive et politique du manque d’eau, encodées dans des indicateurs. Pour ce faire, nous nous proposerons une analyse critique de la trajectoire (production, circulation, usages) d’indicateurs du manque d’eau conçus à différentes échelles et par différents acteurs, depuis plusieurs décennies (échelle mondiale, nationale, ou locale avec le cas du sud-ouest de la France). Nous nous appuierons sur le cas du « stress hydrique », de « l’eau virtuelle » et des « débits d’objectif d’étiage ».  Nous montrerons comment ces indicateurs travaillent aussi bien la légitimité des usages de l’eau que la rationalité des mesures de gestion qu’on cherche à leur appliquer. Les indicateurs contribuent à organiser des pouvoirs sur l’eau quand ils structurent non seulement des flux d’eau, mais aussi des flux financiers, activent des droits et des contraintes. Nous discuterons comment ces indicateurs peuvent être des moyens de produire des alertes, de construire des compromis, fondés sur des ambiguïtés qui peuvent s’avérer productives mais qui peuvent, aussi, générer de nouvelles impasses. L’idée selon laquelle on s’en remettrait complètement « à la science » pour objectiver et donc trancher les controverses relatives à la quantité d’eau disponible/prélevable ou à laisser dans les cours d’eau ne correspond pas, le plus souvent, à la pratique: les indicateurs de manque d’eau intègrent aussi des conventions, des hypothèses, des implicites et parfois des choix délibérés, mais pas toujours transparents, qui, au bout du compte, avantagent certains enjeux au détriment d’autres.

En pré-apéreau, Thomas Bolognesi, collaborateur scientifique post-doctorant en économie et en sciences politiques à l’Université de Genève et membre du Rés-EAUx, présentera également ses travaux portant sur le lien entre le développement urbain actuel et le risque de déficit en eau dans les 50 prochaines années.

Au plaisir de vous y retrouver nombreux!

 

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