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Auteure : Ornella Puschiasis.
Titre : Diviser en amont pour exploiter en aval.
Date et lieu : Dingboche, région du Solukhumbu, nord-est du Népal, mai 2016.
Légende : Dingboche est un village situé à 4 420 mètres d’altitude qui dispose d’un accès à l’eau facile car il est situé directement en rive droite de la rivière Imja Khola que l’on aperçoit en contrebas des champs délimités par des murets de pierre. On distingue également de nombreux lodges aux toits de tôles ondulés colorés qui accueillent des milliers de randonneurs qui foulent le sentier de l’Everest au printemps et en automne. Les tuyaux noirs au premier plan sont donc destinés à acheminer l’eau au village afin de répondre aux besoins touristiques en termes de confort comme l’eau courante à l’intérieur des maisons, la douche et les toilettes à chasse d’eau. L’enchevêtrement de tuyaux à la sortie d’un réservoir qui capte les eaux du torrent de versant de Nagarjung en amont du village, symbolise ici les tensions qui entourent le partage de l’eau à Dingboche. Longtemps informel, sans comité de gestion spécifique, l’accès à l’eau est contrôlé depuis les années 2000 par un groupe d’hôteliers qui a commencé à s’équiper individuellement de tuyaux et qui a progressivement participé à la formalisation d’un réseau d’adduction d’eau qu’ils régulent et dont ils sont les seuls bénéficiaires. Forts de concentrer à la fois la capacité financière, l’esprit d’initiative et la mobilisation d’un réseau de ‘‘touristes bienfaiteurs’’, ces notables ont privatisé l’accès à l’eau dans le village faisant naître des jalousies entre eux, mais aussi et surtout des tensions avec les autres habitants dépendants de revenus agricoles, pour qui aller chercher de l’eau à la rivière reste une corvée quotidienne.

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Auteur : Ornella Puschiasis.
Titre : Maïla, jeune porteur qui étanche la soif des yaks.
Date et lieu : Syangboche, région du Solukhumbu, nord-est du Népal, juin 2016.
Légende : J’ai rencontré le jeune Maïla à Syangboche affairé à aller remplir le bidon de 40 litres qu’il portait sur le dos. Intéressée de savoir pour qui il effectue ce dur labeur de portage, qu’elle ne fut pas ma surprise quand sa réponse a été : « je pars en quête d’eau pour les yaks ! ». Employé pour la ferme gouvernementale d’élevage de yaks, il doit quotidiennement aller chercher de l’eau à l’une des fontaines publiques des deux villages les plus proches de Khumjung ou de Khunde. Rémunéré 200 roupies la course, soit à peine plus de 2 euros, il doit effectuer 150 mètres de dénivelé et environ une heure de marche pour acheminer la précieuse ressource qui servira à étancher la soif de la dizaine de yaks présents sur le site. En effet, le village se trouve paradoxalement éloigné de toute source d’approvisionnement en eau malgré les sept familles qui y vivent et l’activité commerciale de son altiport, de ses deux lodges et de cette fameuse ferme. Il se situe sur un ancien glissement de terrain dont la structure géomorphologique limite l’accès à l’eau de surface. Le stockage s’avère alors indispensable et toutes les habitations disposent de systèmes de récupération des eaux de pluie ou de fonte sur les toits, et sont équipées de grosses citernes. Malgré la difficulté de son travail de porteur d’eau, Maïla est pourtant heureux d’être nourri et logé et de vivre près des yaks. Il effectue en moyenne quatre trajets par jour pour répondre aux besoins journaliers des animaux qui boivent entre 40 à 60 litres d’eau, sans compter sur la présence des employés gouvernementaux. Âgé de 13 ans à peine et originaire du district de Nuwakot, Maïla a trouvé du travail dans la région touristique de l’Everest grâce à un cousin guide et peut ainsi soutenir sa famille dont la maison a été détruite à cause du séisme dévastateur du 25 avril 2015. 

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