Soutenance de thèse de Caroline Sarrazin, le 22 juin 2020 à 14h (visioconférence)

Soutenance de thèse de Caroline Sarrazin, le 22 juin 2020 à 14h (visioconférence)

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Nous avons le plaisir de vous annoncer la soutenance de thèse de Caroline Sarrazin intitulée

« Les pokhari dans la plaine du Népal : des étangs à usages multiples ou passant à la pisciculture exclusive dans le contexte tendu des transformations territoriales du Téraï oriental ».

Cette soutenance se déroulera le 22 juin 2020 à 14h en visioconférence (informations pratiques à venir).

Jury :
Olivia Aubriot (co-directrice), Chargée de recherche, Centre d’Études Himalayennes, CNRS
Hubert Cochet (examinateur), Professeur, AgroParisTech
Pierre Dérioz (rapporteur), Maître de conférences, Université d’Avignon
Emmanuèle Gautier-Costard (rapportrice), Professeure, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Stéphane Ghiotti (examinateur), chargé de recherche, ART-DEV UMR 5281 CNRS
Joëlle Smadja (directrice), Directrice de recherche, Centre d’Études Himalayennes, CNRS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Résumé de la thèse :
La gestion des ressources, qu’il s’agisse de la terre ou de l’eau, représente un des défis contemporains majeurs pour les sociétés rurales. Dans la plaine du Téraï oriental (Népal), qui renferme des densités de population élevées (plus de 500 hab./ km²), des restructurations territoriales amènent les communautés villageoises à faire face à de fortes tensions foncières et à des pressions croissantes sur l’eau et le foncier. Elles entraînent notamment des changements dans les pratiques individuelles et collectives associées à l’utilisation et à la gestion des pokhari. Ces plans d’eau, de tailles diverses (de 0,01 à 6 hectares ou plus), sont définis dans ce travail comme des écosociosystèmes multi-usages étant donné la combinaison des usages qui répondent à des besoins distincts (économiques, domestiques, de subsistance) et illustrent des perceptions fluctuantes en fonction des acteurs de l’eau. De tenure publique ou privée, les pokhari sont gérés collectivement par des communautés villageoises Tharu ou Madhesi, des populations originaires de la plaine, ou individuellement et plutôt par des exploitants-indépendants Pahari, venus des montagnes du Népal, et qui, au travers de leurs initiatives personnelles, participent au processus d’individualisation dans la gestion des ressources. Alors qu’ils sont omniprésents dans les districts de Saptari et de Sunsari, nos deux terrains d’étude, ce n’est qu’à partir des années 1990 que les pokhari deviennent la cible de politiques publiques visant à augmenter la productivité du territoire par le développement de techniques agricoles intensives de hauts rendements : parmi celles-ci, on retrouve la pisciculture intensive dans les pokhari, qui se développe exponentiellement grâce à la mise aux enchères d’autorisations d’exploitation individuelle et privative de plans d’eau autrefois collectifs. Cette thèse de Doctorat combine une approche qualitative et quantitative : une typologie est construite pour l’analyse des caractéristiques de 232 plans d’eau localisés à Saptari et à Sunsari ; elle est combinée à une analyse spatio-temporelle de l’évolution des surfaces en eau des pokhari, et met en lien le développement des logiques gouvernementales néo-libérales avec l’intensification du productivisme dans l’utilisation des plans d’eau. Pour autant, face aux interdictions d’usage de plans d’eau anciennement collectifs, des communautés interrogées dans la plaine revendiquent leur territoire de l’eau et l’appartenance identitaire qui s’y rattache. La lutte discrète contre des formes nouvelles d’exclusion sociale permet de reconsidérer les rapports de pouvoir dans la gouvernance des plans d’eau de la plaine.

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