Caroline Sarrazin : CR du débat autour du film « L’eau, la nature, la ville » , à l’Agora de Nanterre le 13 mai 2014

Caroline Sarrazin : CR du débat autour du film « L’eau, la nature, la ville » , à l’Agora de Nanterre le 13 mai 2014

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À l’occasion de l’exposition Phot’EAUX présentée à l’Agora – la maison des initiatives citoyennes – de la ville de Nanterre (Haut-de-Seine) du 6 mai au 26 mai 2014, le Rés-EAU P10 a organisé deux grands événements autour des enjeux de l’eau. Retour sur le déroulement de la deuxième soirées de rencontres et d’échanges…

La deuxième soirée du 13 mai a rassemblé un public très diversifié : des citoyens nanterrois, militants écologistes de « Nature en ville », paysagistes, gestionnaires du service Environnement de la ville de Nanterre, professeurs, chercheurs et étudiants.

Cette soirée, présentée et organisée intégralement par Véronica Mitroi, s’est déroulée en deux actes : en premier lieu, la projection d’un film, qui a laissé place par la suite à une discussion autour d’un projet participatif.

L’inauguration de la soirée a débuté par la projection du documentaire scientifique « L’eau, la nature, la ville » d’Elodie Brelot et Bernard Chocat (durée : 52 min en version intégrale ; 13 min en version courte. Les deux versions, téléchargeables gratuitement, sont disponibles sur le site internet de la GRAIE). Un des deux auteurs, Bernard Chocat, professeur à l’INSA Lyon, était présent lors de cette projection.

Le titre du film n’est pas anodin : son objectif premier est de partager les connaissances autour des questions – environnementales et écologiques, sociales et économiques – de l’eau en ville. Ainsi, il contribue à « l’indispensable » renouvellement de comportements et de modèles durables dans la gestion de l’eau urbaine pour répondre aux multiples changements sociaux, économiques et climatiques. Ce film « non consensuel » s’adresse à un large public, aussi bien des spécialistes que des personnes non averties et sensibles aux problématiques de l’eau urbaine.

A travers l’explication de projets concrets en matière de gestion de l’eau dans plusieurs villes françaises (Bordeaux, Lyon, Paris) par des témoins clés, gestionnaires, décideurs, romanciers et scientifiques (Michel Corajoud, Erik Orsenna, Corinne Lepage), ce film invite à comprendre ce qu’implique la « parenthèse urbaine » (l’eau s’inscrit dans un cycle urbain « ruissellement – utilisation – assainissement – rejet »), les réponses envisagées pour en assurer son déroulement (systèmes de captation, distribution, épuration) mais aussi leurs limites – vieillissement rapide, maîtrise partielle –. Outre ce processus, les villes doivent faire face à de nouvelles problématiques dans la gestion des eaux pluviales, la prévention des risques majeurs de plus en plus intenses (inondations en France), l’accès à l’eau et à l’assainissement (coût des services ?), aussi bien dans les pays développés et en développement.

En tenant compte de l’ensemble des discours, la conclusion du film interroge les perspectives d’évolution des pensées et pratiques, et le recours possible à des solutions multi-usages pour répondre aux récentes et futures crises locales.

La projection du film a laissé place à des discussions entre Bernard Chocat et le public venu assister à la projection. Les remarques et questions ont conduit l’auteur à expliquer ses choix méthodologiques et techniques (« pourquoi ne pas avoir parler des acteurs de l’eau ? » ; « pourquoi avoir décidé d’expliquer les projets de telles villes françaises, au détriment d’autres? »), son positionnement lors de l’écriture et le tournage du film (problématiques à forts enjeux politiques), et à expliciter les limites de son projet cinématographique (communication limitée, film à durée (trop ?) longue). La discussion autour du film s’est terminée par une note positive, où il était appréciable de remarquer que les enjeux autour de l’eau ne se concentrent pas uniquement sur l’agglomération parisienne !

Discussions autour du film « L’eau, la nature, la ville » avec Bernard Chocat. Exposition Phot’EAUX, 13 mai 2014
Discussions autour du film « L’eau, la nature, la ville » avec Bernard Chocat.
Exposition Phot’EAUX, 13 mai 2014

La rencontre s’est conclue par une surprise de Bernard Chocat : la projection de deux épisodes de la nouvelle série « Méli-Mélo : démêlons les fils de l’eau ». De très courte durée (5 min environ), les épisodes évoquent, sous une tournure humoristique, les nombreux préjugés et débats en matière d’eau ainsi que les solutions possibles pour y répondre. Le lancement de cette nouvelle série est prévu le jeudi 15 mai 2014. A suivre sur le site de la GRAIE ! : www.graie.org/eaumelimelo/

La deuxième partie de la soirée a laissé place à l’explication d’un projet d’urbanisme en cours, présenté par Martin Seidl (chercheur LEESU – Ecole des Ponts Paris Tech). L’objectif de ce projet participatif, prenant en considération les regards croisés des habitants face aux enjeux environnementaux, est double. D’une part, le projet se consacre à la réhabilitation des berges de Seine de la commune de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), en partenariat avec le festival de l’Oh !. Il vise à repenser les pratiques de ces berges, en renforçant les liens entre l’homme et la nature : accès simplifié aux berges de Seine, contact direct avec la végétation et l’eau, activités de plein air privilégiées. D’autre part, l’objectif du projet tente de répondre aux problématiques de gestion de l’eau urbaine en utilisant le “potentiel hydromorphique” (outil de travail pour étudier une zone urbaine et proposer des ré-aménagements autour de l’eau) des sols de Vitry-sur-Seine, à partir de 18 indices prédéfinis. Autrement dit, un sol à haut potentiel hydromorphique comporte inéluctablement des marques régulières de saturation en eau. Le projet vise à mesurer la potentialité de plusieurs espaces de la ville à stocker l’eau pluviale, afin de rendre ces lieux récréatifs pour les habitants.

Martin Seidl
Présentation du projet participatif par Martin Seidl. Exposition Phot’EAUX, 13 mai 2014

La présentation, d’une quinzaine de minutes, a donné lieu à des interrogations et remarques quant à la faisabilité de ce projet et l’éventualité d’une date de lancement. Pour la plupart des personnes présentes lors de la soirée, le projet est remarquable et semble proposer des solutions locales intéressantes, en considérant les enjeux urbains les plus importants en matière de gestion de l’eau.

La soirée s’est donc achevée par la volonté d’ajouter un terme de plus au film présenté par Bernard Chocat: “l’eau, la nature, la ville” et les usagers/citoyens qui ont eu la parole et qui ont nourri nos reflexions.

Le rés-EAU P10 remercie grandement l’ensemble des intervenants ainsi que les spectateurs présents à l’une ou l’autre, ou aux deux soirées débats : « phot’EAUX de terrains » et « l’eau en ville ». Tous les membres du rés-EAU P10 espèrent réitérer ce type d’événement prochainement, à l’Agora ou ailleurs!

Pour citer cet article : Caroline Sarrazin, « Compte rendu du débat autour du film « L’eau, la nature, la ville » , à l’Agora de Nanterre le 13 mai 2014 », Billet court, Rés-EAU P10/ Water Network P10, Publié le 19 mai 2014, [En ligne] http://reseaux.parisnanterre.fr/compte-rendu-du-debat-autour-du-film-leau-la-nature-la-ville-a-lagora-de-nanterre-le-13-mai-2014/

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