Apér-EAU scientifique : « Comment l’eau est entrée en politique à Bruxelles ? », Dominique NALPAS, lundi 7 octobre 2019

Apér-EAU scientifique : « Comment l’eau est entrée en politique à Bruxelles ? », Dominique NALPAS, lundi 7 octobre 2019

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L’association Rés-EAUx a le plaisir de vous convier à son premier Apér-EAU scientifique de la saison 2019 -2020 le lundi 7 octobre 2019 sur la péniche Antipode. Nous aurons le plaisir d’accueillir Dominique Nalpas, membre fondateur des États Généraux de l’Eau à Bruxelles.

« Comment l’eau est entrée en politique à Bruxelles ? »

Résumé de l’intervention :

Avec la modernité, la ville a refoulé l’eau. À Bruxelles, les rivières sont devenues égouts, les sols ont été imperméabilisés, les cycles de l’eau sont rompus. L’eau, bien de consommation dont on est client est devenue affaire d’experts sortant du champ politique. Si le retour du refoulé se manifeste par une crise environnementale majeure avec les inondations, une crise politique s’engage en 2002 avec la contestation par les habitants de la place Flagey – la plus grande place de la ville et l’une des plus animées – de la solution technique du bassin d’orage (BO) proposée par les pouvoirs publics. Ce BO est une gigantesque cuve de béton de 33 000 m³ construite en sous-sol qui est sensée retenir les eaux lors des grosses pluies. Sa construction durerait de nombreuses années, fragilisant le bâti, la vie sociale et économique.

Confronté à la fronde des habitants, le politique s’est mis à les opposer entre eux en soutenant la demande légitime des personnes inondées du bas de la vallée qui veulent être protégées des inondations ; et en délégitimant les revendications des habitants mieux nantis de la place et du haut de la vallée qui, eux, avaient peur pour leurs biens ou la vie sociale et économique de la place, etc.

Pour sortir de cette alternative infernale, l’idée proposée par le collectif d’habitants Parcours citoyen a été de changer d’angle d’approche. Il ne s’agissait pas de traiter le problème là où se situe l’inondation, mais en amont, et sur l’ensemble du bassin versant, grâce à l’emploi de techniques décentralisées et avec la participation des habitants du haut et du bas de la vallée dans la recherche de solutions. Le concept de Solidarité de bassin versant naissait, ainsi que plus tard celui de Nouvelles rivières urbaines.

Pour la première fois à Bruxelles, un débat public s’engageait sur la démocratie technique en matière de gestion d’un bassin versant. L’eau entrait en politique. Le combat de la société civile a été perdu – le bassin d’orage a été mis en service fin 2008 -, mais près de vingt ans plus tard, l’aventure de ce mouvement citoyen et expert continue et se prolonge, notamment, dans le projet de recherche action participative Brusseau. Des Communautés hydrologiques composées d’habitants (experts d’usage) et d’experts techniques ou scientifiques expérimentent cette pratique écologique sur la base des savoirs partagés et la cartographie de l’intelligence collective. Ensemble, tel un Parlement des choses de l’eau, ils produisent une demande commune qui vient se placer en amont de la commande publique (ou privée). À suivre.

 

Dominique Nalpas a d’abord travaillé dans le domaine de la santé mentale pendant de nombreuses années avant de bifurquer vers l’humanitaire, l’accueil de réfugiés, le travail culturel. Mais c’est en tant qu’activiste bruxellois et voisin d’une zone inondable qu’il s’est trouvé impliqué dans les questions de l’eau, de l’urbanisme, de la transition écologique et des communs. Aujourd’hui son activité militante est aussi devenue son activité professionnelle première et notamment en ce qui concerne l’expérimentation sur une nouvelle gouvernance de l’eau et du paysage urbain avec les Etats Généraux de l’Eau à Bruxelles (association) et la Recherche action participative Brusseau.

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