« L’eau: pourquoi la gratuité est-elle une nécessité écologique et sociale? (Tunisie, Egypte) », témoignage de Habib Ayeb, 3 avril 2013

« L’eau: pourquoi la gratuité est-elle une nécessité écologique et sociale? (Tunisie, Egypte) », témoignage de Habib Ayeb, 3 avril 2013

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Pour ce second rendez-vous de nos apér-EAU scientifique, Mathilde Fautras animera un débat à partir d’un témoignage de Habib Ayeb, géographe, maître de conférence à l’université Paris 8 et travaillant sur les questions de l’eau, l’agriculture et la marginalité, notamment en Egypte et en Tunisie.
La question qui sera présentée et ensuite débattue avec les personnes présentes est « L’eau : pourquoi la gratuité est une nécessité écologique et sociale ? »
« La question de l’eau est, d’abord, une question sociale et la gratuité de l’accès à la ressource, à hauteur des besoins réels, est non seulement nécessaire mais aussi socialement, économiquement et écologiquement justifiable. En effet, il a été prouvé dans de nombreuses recherches que l’accès à l’eau – particulièrement pour la consommation humaine – agit directement et/ou indirectement sur les diverses dynamique et processus de marginalités et d’invisibilité sociales, en les aggravant quand elle est rare ou de mauvaise qualité ou en les atténuant dans le cas contraire. C’est pourquoi, il semble extrêmement important de remettre le social au coeur de la problématique de l’eau et comme « point d’entrée » (entry point) aux débats « académiques » et de société sur cette question de l’eau.
Pendant trop longtemps, les débats ont été dominés par les considérations d’expertise et de gestion des ressources hydrauliques sous le faux concept/constat de la rareté et l’obligation de sa protection. Un discours dominant qui a réussi a rallier une bonne partie des écologistes et d’autres tendances plutôt comptées à gauche mais dont l’objectif réel me semble être la justification politique de la tarification généralisée, pour limiter les gaspillage, et la privatisation, pour améliorer et rationaliser la gestion. Ainsi, pendant une longue période, la dimension sociale a été totalement ignorée et reléguée au second plan. Aujourd’hui on est en mesure, preuves à l’appui, que la tarification de l’eau potable et même de l’eau d’irrigation, loin de limiter le gaspillage  et favoriser l’économie de l’eau, elle participe dangereusement à l’aggravation des processus d’appauvrissement et d’exclusion sociale »
reseau p10 - gratuité eau programme aper-eau

Date: Mercredi 3 avril 2013

Lieu: Salle 309 au bâtiment D, à l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense

Heure: 18h à 20h
Habib Ayeb (à droite) en entretien avec un agriculteur de l’oasis de Chenini-Gabès, Tunisie. 7 février 2013.
Comme à notre habitude, nous prolongerons le débat autour de ce que nous avons appelé “Apér-EAU scientifique”.

One Response

  1. Mathilde Fautras
    |

    Habib est en train de terminer le montage d’un film documentaire sur l’oasis de Gabès, évoquée lors de cet apér-eau. Le film, intitulé « Gabes labess », tente de décrire la lente disparition de l’oasis de Gabès liée au manque d’eau d’irrigation réservée à l’agrobusiness, à la ville et aux industries, à la pollution provoquée par ces mêmes industries, et à l’urbanisation. Peut-être une projection en 2014 dans un nouvel apér-eau ?

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