Discipline
  • Sciences politiques et sociales, anthropologie sociale et ethnologie
Statut
  • Docteure
Institutions
  • Sorbonne Université, UCLouvain, EHESS, ULIEGE et Inalco
Mots-clés
  • Rencontres ; Népal ; Conflits humains-animaux ; Affects ; Ethnographie multi-espèces ; Conservation
Titre du mémoire d’anthropologie
  • Une rivière pour frontière. Étude des interactions entre animaux sauvages, domestiques et humains médiatisées par une rivière, dans la jungle de Bardiya (Népal) 
Résumé
  • Le parc national de Bardiya est l’un des douze parcs du Népal, une aire protégée du Téraï, à la frontière sud-ouest avec l’Inde. Ses quelque 968 km² de prairies herbeuses, de forêts et de rivières (le réseau de la Karnali) abritent de précieuses espèces à la fois en danger et dangereuses : rhinocéros à une corne, éléphant d’Asie, tigre du Bengale, léopard indien, crocodiles et bien d’autres. À proximité vit une population nombreuse, d’ethnies et de castes variées, aux côtés d’animaux domestiques (buffle, chèvre, cochon, poule, chien, éléphant captif). Malgré les dispositions prises pour séparer la jungle et ses animaux des espaces habités (contrôles, barrières, sensibilisation, etc.), les rencontres ont lieu et se révèlent parfois meurtrières.
    Fondée sur trois mois de terrain en observation participante (juin à septembre 2019), sur une zone nommée « Hattisar » rattachée à la commune de Thakurdwara, cette monographie étudie les enjeux de la traversée d’une rivière, la Khauraha, auprès de trois groupes : les animaux sauvages, les animaux domestiques et les humains. Segment du vaste réseau de la Karnali (plus de 900 kilomètres, du nord au sud du Népal), la Khauraha tire son nom d’une maladie de peau qu’elle aurait jadis soit soignée, soit provoquée : une ambivalence inscrite jusque dans son appellation.
    Installée entre village et jungle, dans la zone tampon (buffer zone) du Parc, cette rivière apparaît comme une frontière naturelle qui, tout en divisant l’espace, réunit aussi les êtres venus y puiser une ressource vitale. Car l’eau est ici indispensable autant que redoutable : elle irrigue les cultures, abreuve les troupeaux, accueille la pêche, les ablutions et les rites (puja) hindous et tharu, tout en charriant inondations, courants violents, pollutions et prédateurs venus s’y désaltérer. 
    De cette observation naît la notion de « rivière médiatrice » : par sa hauteur, son courant et sa centralité, la Khauraha favorise ou limite les interactions entre humains et non-humains. On ne la franchit pas à n’importe quelle heure, à n’importe quelle saison, ni sans but ; passer ses eaux relève d’un engagement, d’une décision à la fois risquée et transgressive. En reconstituant les usages, les temporalités et les face-à-face qui se nouent sur ses rives, ce travail éclaire les modes de vie humains et non-humains et réinterroge tout autant la coexistence entre humains et animaux, souvent réduite à sa seule dimension conflictuelle (« Human-Wildlife Conflict »), que la situation écologique des rivières lorsqu’elles sont liées à des usages vitaux et à des pratiques rituelles.
Mots-clés : 
  • Népal, rivière, relations humains-animaux, jungle, anthropologie
 
Publications et communications : 
 
Publication Rés-eaux: 
  • Discipline Anthropologie
  • Statut Doctorante
  • Institution (EHESS-ULiège) et étudiante en népali (Inalco)
  • Contact nolwen.vouiller(at)hotmail.fr