Recherches en cours :

Titre de la thèse : Une analyse institutionnelle de l’articulation entre gestion des ressources en eau et accès aux services d’eau potable dans les villes des Suds. L’exemple de la ville de Solo (Indonésie).

Résumé : Les villes des Suds font face à des enjeux majeurs en termes de gouvernance de l’eau (ressources et services). En Indonésie, celles-ci sont confrontées à plusieurs enjeux (épisodes extrêmes, pollutions, incertitudes quant à la disponibilité des eaux brutes…) (Banque mondiale, 2015). Ces villes voient aussi se développer des quartiers précaires où les ménages sont particulièrement exposés aux risques (sanitaires, environnementaux, de déguerpissement) (Yossi & Sajor, 2006) et où les services d’eau en réseaux sont absents ou partiels, laissant place à une grande part de desserte « informelle » (Raharjo, 2010 ; Kooy, 2014). Ainsi, des modalités d’accès à l’eau alternatives au réseau sont mises en place, mobilisant différents types d’eaux brutes. Elles n’ont pas les mêmes modes de gestion et sont inégales en termes de fiabilité (continuité de l’approvisionnement, vétusté des infrastructures…), de qualité de l’eau desservie, ou encore de coût.

Alors que ces enjeux mériteraient d’être abordés de manière transversale, on constate souvent une déconnexion entre la problématique de gestion des ressources en eau et celle de l’accès au service d’eau potable. Cette déconnexion apparaît à la fois dans la littérature, les études opérationnelles et les politiques publiques. Nous posons comme hypothèse que cette vision déconnectée d’un même processus entrave une gestion raisonnée des eaux et ne permet pas de penser un modèle soutenable d’accès à l’eau pour le plus grand nombre en milieu urbain.

L’objectif de la thèse est de montrer qu’une approche en termes d’articulation entre gouvernance des ressources et service d’eau potable permet de lever les difficultés qu’entraîne cette vision déconnectée. L’articulation peut se décliner en trois entrées.

Tout d’abord, sachant que certains quartiers « informels » sont alimentés par des ressources localisées hors de l’espace urbain, raisonner en termes d’articulation permettrait de débattre de la définition de l’échelle territoriale de gestion de l’eau pertinente, et de considérer l’emboîtement des différentes échelles territoriales.

Ensuite, une réflexion en termes d’articulation permettrait de traiter de la question de l’équité dans l’accès à l’eau en situation de raréfaction des ressources. En effet, cela permettrait de mettre en évidence quelles eaux ne sont plus disponibles à un moment donné pour les besoins de certains citadins, ainsi que d’en analyser les causes institutionnelles et organisationnelles.

Enfin, penser l’articulation permettrait d’intégrer pleinement les problématiques de durabilité de l’eau dans l’analyse des services, en questionnant comment, à quel moment et pour quelles raisons, ces problématiques émergent et sont traduites dans les modes de gouvernance des services.

Mots clés : GIRE urbaine ; Articulation entre gestion des ressources et accès au service d’eau potable ; Indonésie ;

Directeur de recherche : Catherine Baron, Professeure des Universités, Chercheure au LEREPS

Activités d’enseignement

2016-2017 : Atelier « Projets de développement et de solidarité internationale », 4ème année, Sciences Po Toulouse

2015 : Macroéconomie, Travaux Dirigés 1ère année, Université Toulouse 1 Capitole

Publications et communications principales

Publications

Valette H, Gangneron F, Bonnassieux A. (à paraître), La mise en œuvre du modèle marchand dans le secteur de l’eau en zones rurales et semi-urbaines au Bénin. Une analyse des réformes et des pratiques, Anthropologie et Développement, Marseille.

Valette H., Baron, C., Enten F., Lavigne Delville P., Tsitsikalis A. (2015), Une action publique éclatée ? Production et institutionnalisation de l’action publique dans les secteurs de l’eau potable et du foncier (APPI) (Burkina Faso, Niger, Bénin), Actes du colloque final APPI, Édité par le Gret, décembre 2015, 141p, disponible en ligne : http://lereps.sciencespo-toulouse.fr/IMG/pdf/appi-actes-web_final.pdf

Communications principales

Juillet 2016 : « La « GIRE urbaine », nouveau concept, nouveaux enjeux ? Penser l’articulation entre gestion des ressources et accès aux services d’eau dans la ville de Ouagadougou », en collaboration avec C. Baron, Colloque « L’Eau en Afrique », Nanterre, 4-6 juillet.

Juin 2016 : « La « GIRE urbaine », un nouveau concept pour penser l’articulation entre ressources en eau et service d’eau potable dans les villes des Suds ? » Poster scientifique présenté aux Doctoriales Sciences Sociales de l’Eau, Montpellier, 16-17 juin.

Avril 2016 : « Le concept de « gestion intégrée urbaine des ressources en eau » (« GIRE urbaine » : une innovation pour penser l’amélioration des conditions de vie des populations dans les quartiers précaires des villes des Suds ? » Journée DOCREPS, Toulouse, 15 avril.

Novembre 2015 : « La mise en œuvre du modèle marchand dans le secteur de l’hydraulique villageoise au Bénin. Une analyse des réformes et des pratiques », en collaboration avec A. Bonnassieux et F. Gangneron, Colloque international de l’APAD, Cotonou, 17-20 novembre.

Décembre 2014 : « Cohérence d’un projet marchand, concurrence et/ou pluralité des trajectoires », en collaboration avec A. Bonnassieux et F. Gangneron, Colloque « Une action publique éclatée. Production et institutionnalisation de l’action publique dans les secteurs de l’eau et du foncier », Colloque final du programme APPI, ANR Les Suds II, Toulouse, 2-4 décembre.

  • Discipline Socioéconomie, aménagement
  • Statut Doctorante
  • Institution LEREPS Sciences Po Toulouse / Université Toulouse 1 Capitole
  • Contact heloise.valette@ut1-capitole.fr